Aqueduc de Carthage
Pays: Tunisie
Ville : Carthage
Epoque: Antiquité
Date: 128 après JC

Contexte historique
C’est en 162 après JC que s’achève la construction des thermes d’Antonin de Carthage.
Avant cette date, les fontaines d’eau potable et les citernes d’eau de pluie datant de l’époque punique suffisaient amplement à alimenter toute la ville.
Mais la taille des thermes impériaux nécessita un apport supplémentaire en eau.
C’est pourquoi il est pratiquement certain que l’aqueduc de Carthage est légèrement antérieur à l’année de l’inauguration des établissements thermaux en 162 après JC et date probablement de 128 après JC, moment de la visite d’Hadrien dans l’Africa Proconsularis.
Le parcours total de l’aqueduc de Carthage est de 132 kilomètres. Il est divisé en deux tronçons.
La conduite principale va de la ville à Zarghouan et mesure 90 kilomètres. Par la suite un second embranchement va amener les eaux de la source d’Ain Djoukar jusqu’au premier canal.
L’aqueduc utilisait les pentes naturelles du terrain pour alimenter la citerne.
Bien qu’ayant souffert lors d’invasions et de sièges, il fut à chaque fois reconstruit et réutilisé jusqu’au 16ème siècle.

Construction
Les marques des tailleurs de pierre et les inscriptions dessinées à la sanguine sur les moellons témoignent de l’organisation dans la construction.
L’édification commença simultanément à plusieurs endroits du tracé. Chaque section était conçue et calculée et les ouvriers étaient chargés de tailler et d’assembler les différents éléments. Ils étaient payés à la pierre taillée.
Le mur de soutènement était large de 1,36 cm ce qui correspond à 9 pieds. Une corniche en surplomb couronnait l’édifice. La canalisation en elle-même était composée de trois couches : une base de cailloux et déchets métalliques mélangés à du mortier, une couche d’opus signinum et, recouvrant le tout, un pavement étanche.
A intervalles réguliers, des puits circulaires surmontaient l’aqueduc. Leur utilité reste incertaine mais il pourrait s’agir de points de contrôle de son étanchéité.
Dans le pavement, de petites ouvertures étaient creusées afin d’évacuer les petites impuretés. L’eau était ainsi nettoyée tout au long de son trajet.

Sanctuaire de zaghouan
A Zaghouan, un sanctuaire de grandes dimensions prenait place contre les rochers. Deux escaliers entourent un bassin à plusieurs niveaux formant un double cercle conduisent à une place semi-circulaire. A l’extrémité de celle-ci, une petite cella abritait la statue cultuelle de la divinité de la source.
Les différents cours d’eau provenant de la source étaient canalisés sur la place qui servait de premier bassin d’épuration avant que les eaux ne se jettent dans la conduite de l’aqueduc.
Le débit de l’aqueduc devait s’élever à 370 litres par seconde et c’est donc minimum 20 000 m³ d’eau qui arrivait quotidiennement à Carthage.