Pays: Chine Ville : Epoque: Préhistoire Date: 10ème siècle avant JC – 16ème siècle après JC
Contexte historique
La construction de la Grande Muraille de Chine débuta dès le 10ème siècle avant JC, probablement dans le but d'empêcher les troupeaux des tribus étrangères de venir se mêler à ceux de la Chine, ce qui était source de conflits.
C'est au 3ème siècle avant JC, que le premier empereur de la dynastie Qin, Qin Shi Huang, décide de donner toute son ampleur à la muraille. Le pays étant unifié, les fortifications commencent à avoir un rôle défensif. N'étant pas infranchissables, elles sont néanmoins dissuasives.
Le rôle de la Muraille n'est pas exclusivement militaire. En effet, elle permit l'expansion rapide du commerce notamment en assurant la sécurité de la Route de la Soie, la protection des paysans qui purent sans crainte agrandir leurs implantations et la diffusion rapide des nouvelles d'un bout à l'autre de l'Empire.
Elle était cependant loin d'être invulnérable et les Mongols la franchirent à plusieurs reprises lors de leurs raids contre la Chine.
La Grande Muraille de Chine est inscrite au Patrimoine Culturel Mondial depuis 1987.
Construction
Pour bâtir ce qui sera la plus grande construction humaine de tous les temps, il fallut 1800 années. Rien que sous la dynastie Qin, 200 millions de personnes prises au sein de l'armée, dans les prisons et même dans la population civile furent réquisitionnées pour élever la Muraille.
Ils travaillèrent dans des conditions extrêmes entraînant la mort de plusieurs centaines de milliers de Chinois. Ils périrent de faim, de froid, d'épuisement et furent enterrés dans les alentours du mur mais certainement pas, comme le voudrait la légende, dans le mur lui-même.
L'étalement des travaux explique la diversité des matériaux utilisés et des styles de construction. Ainsi nous rencontrons des tronçons en simple terre battue, d'autres en blocs de pierre et enfin certains en briques solidifiées entre elles par de la farine de riz ou de la chaux.
Le chemin de ronde
La Grande Muraille de Chine s'étend sur +/- 6500 kilomètres entre la Corée et le Désert de Gobi et épouse parfaitement les dénivellations de terrain.
Si à certains endroits, elle se résume à une simple levée de terre, elle se présente en général sous la forme d'un chemin de ronde crénelé d'une hauteur moyenne de 7 mètres et d'une largeur moyenne de 5 mètres, permettant le passage de cinq chevaux de front. Un système d'évacuation des eaux permettait de rejeter celles-ci loin de la muraille grâce à de grosses gargouilles en pierre.
De nombreuses sculptures ornent les pierres de la Muraille, représentant des scènes politiques ou religieuses.
Les bâtiments
Le chemin était parsemé de constructions à but défensif se répartissant en plusieurs catégories :
• les tours de défense de +/- 15 mètres de haut dans lesquelles logeaient en général quatre soldats et leurs familles. On en retrouve tous les cent mètres à peu près.
• tous les 20 kilomètres, des tours d'alarme servaient pour la transmission rapide des nouvelles. Selon l'heure, les gardes utilisaient la fumée ou le feu pour prévenir les tours suivantes de l'approche des ennemis, suivant un code bien précis.
• aux endroits les plus stratégiques, des fortins d'une capacité de dix à cent hommes étaient disposés en avant poste de villes de garnison. Bien souvent des habitations étaient établies au pied de ces fortins qui devenaient ainsi des sortes de petites forteresses.
• Enfin, le mur était percé de nombreuses portes (ou passes) qui servaient à filtrer les émigrants. Ces endroits vulnérables étaient défendus par des murs plus hauts et plus épais et par une haute tour. Elles étaient établies aux alentours de villes importantes.