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  La Cité Interdite


 Pays: Chine
 Ville : Pékin (Beijing)
 Epoque: Moyen-âge
 Date: 1407

Histoire de la Cité

La Cité Interdite ou Cité Pourpre interdite a servi de palais aux empereurs chinois pendant près de 500 ans.
C'est le plus grand ensemble architectural civil et le mieux conservé du monde.
Il s'étend sur plus de 70 hectares et est protégé par un mur de 10 mètres de haut, 960 mètres de long et 750 mètres de large. Quatre portes disposées aux quatre points cardinaux donnaient accès à l'intérieur de la cité.

Le mur lui-même est entouré par des douves de plus de 50 mètres de large. C'est ainsi que bien que construite au coeur de la capitale, le palais est bien une cité dans la cité, totalement isolée du reste des habitations.
Son accès était par ailleurs interdit au peuple. Seuls l'empereur, sa famille et les personnes attachées à son service avaient le droit d'y pénétrer. C'est cette situation qui lui vaut son nom.

Cette interdiction a été levée en 1924 lorsque le dernier empereur a été expulsé et que le palais, transformé en musée est devenu accessible au public.





La construction du palais débuta durant la dynastie Ming, en 1407 et dura seulement 21 ans. 100.000 artisans secondés par un million de paysans chargés des corvées ont été requis pour mener cette tâche à bien.
Les bâtiments prirent la place de l'ancien palais mongol de Kubilai Khan. Ils sont organisés de manière symétrique, de part et d'autre d'un axe nord-sud. Les salles principales s'ouvraient sur la voie centrale alors que les salles secondaires en étaient de plus en plus éloignées selon leur degré d'importance.




Le palais comporte deux cours principales :
• la cour extérieure entourée des bâtiments servant à l'empereur pour recevoir ses ministres et où se déroulaient les différentes cérémonies officielles
• la cour intérieure entourée des appartements de la famille impériale et des concubines ainsi que des cabinets de travail de l'empereur.

Les bâtiments ont été pour la plupart construits en bois. Des piliers prenant assise sur des socles de marbres soutiennent les toits en tuiles jaunes vernissées, contrastant avec les murs rouges.
Le palais compte 9.999 pièces, chiffre symbolique puisque seuls les dieux peuvent avoir une habitation de 10 000 salles. On prouvait ainsi que l'Empereur était le plus proche possible de la divinité.

En 1644, la dynastie Qing succède aux Ming. Ils vont rompre avec la tradition qui voulait que les palais des anciens empereurs soient détruits lors de l'avènement d'une nouvelle famille. En effet, les Ming vont tout simplement s'installer dans le palais de la Cité Interdite. En tout, 24 empereurs en feront leur résidence.
En 1860, les troupes franco-britanniques occupent le palais durant toute la seconde guerre de l'opium.




En 1912, le dernier empereur chinois, Puyi, abdique. Il peut cependant continuer à vivre dans la cité mais uniquement dans les bâtiments entourant la cour intérieure. En 1914, le gouvernement chinois décide de transformer la cour extérieure en musée.

En 1924, un des seigneurs de la guerre, Feng Yuxiang, s'empare de Pékin et chasse définitivement Puyi de ses appartements. Une grande partie des collections, véritables trésors, est envoyée hors de la Chine et forme le principal atout du Musée national du Palais de Taipei, à Taiwan.

Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame la République populaire de Chine depuis le balcon surplombant un des portes de la Cité.

Fort heureusement, durant la révolution culturelle des années 1960, les portes de la Cité ont été fermées et gardées pour que les Gardes Rouges de la Bande des Quatre ne viennent pas détruire ce témoignage du passé de la Chine.
Depuis 1987, la Cité Interdite est inscrite sur la liste du Patrimoine Historique de l'UNESCO.


Visite...

La Place Tian-an-Men de Pékin est bordée au nord par le long mur de l'enceinte de la Cité Interdite percé par la porte principale, la Porte de la Paix Céleste.
Elle s'ouvre sur l'axe principal nord-sud et est composée en réalité de 5 portes dont la centrale était réservée à l'Empereur.
On franchit ensuite la Porte de la Droiture où l'Empereur passait ses troupes en revue après une victoire et établissait le calendrier de l'année suivante.

Une longue allée mène à la Porte du Midi. De part et d'autre de celle-ci, on trouve le temple dédié au culte des ancêtres et le temple de la divinité de la Terre et du Grain.

Une fois la porte du Midi passée, on accède à une place traversée par un canal, le ruisseau des Eaux d'or enjambé de cinq ponts. On arrive finalement à la Porte de l'Harmonie Suprême et à la cour extérieure du palais.
C'est sur cette immense esplanade que s'organisent les différents bâtiments réservés à la vie publique de l'Empereur.

Le principal et le plus grand de ces édifices est la Salle de l'Harmonie Suprême. Elle couvre 1360 m² et servait durant les cérémonies officielles ponctuant la vie de l'Empereur, anniversaires, intronisation…
Comme tous les autres palais, celui-ci se compose d'une énorme pièce au centre de laquelle une petite estrade amène au trône. Il s'agit du trône principal. En effet, chaque salle officielle en abrite un.
La décoration intérieure est entièrement en rouge et or et des brûle-parfums laissaient échapper des volutes de fumée.

Deux autres salles importantes se situent en enfilade :
• La salle de l'Harmonie parfaite où l'empereur passait ses heures libres, recevait des délégations, examinait les échantillons des récoltes et se préparait si il devait ensuite passer dans la salle de l'Harmonie Suprême.

• La salle de l'Harmonie préservée utilisée pour les banquets, les réceptions de délégations étrangères, les concours littéraires permettant d'intégrer l'Administration…

Sur les côtés de la cour, se trouvent la salle de la Gloire littéraire et la Salle des Prouesses militaires.

Après avoir traversé les trois Salles « Harmonie », on passe la Porte de la Pureté Céleste. C'est là que les fonctionnaires faisaient leurs rapports à l'Empereur.
On arrive ensuite sur une nouvelle esplanade et une nouvelle succession de trois palais :


• le palais de la Pureté Céleste qui servait d'appartement privé à l'Empereur
• le palais de la Prospérité Réciproque, salle du trône de l'Impératrice
• le palais de la Tranquillité Terrestre, appartement privé de l'Impératrice

A partir de ce dernier palais, on accède au jardin impérial qui abrite le Pavillon de la Tranquillité Impériale. Le mur délimitant le jardin marque la limite nord de la Cité Interdite. Il est percé de la Porte de l'Esprit Martial.


De part et d'autre de cet axe central, s'organisent les autres secteurs de la ville. Ils abritent de nombreux bâtiments qui, selon leur importance, sont de plus en plus éloignés de l'allée centrale.
Dans la partie occidentale de la cité, on trouve le Pavillon de la Nourriture de l'Esprit où résidèrent les trois derniers empereurs ainsi que les six palais occidentaux occupés par les épouses et les concubines.
Dans le secteur est, les six palais orientaux étaient également réservés aux femmes et à leurs enfants. Chaque palais possédait sa cour ou son jardin privé. On y voir également le Pavillon des Ancêtres de l'Empereur.

Tous les bâtiments de la Cité Interdite ont été conçus de la même manière. Les différents palais et pavillons présentent l'architecture traditionnelle chinoise : colonnes, toits en pagodes. Cependant les toits sont recouverts de tuiles vernissées jaunes, couleur réservée à l'empereur. Seuls les bâtiments réservés aux princes ont des toits verts et la bibliothèque a un toit noir.
Les murs sont recouverts de rouge. Le pourpre est la couleur de l'étoile polaire, représentant le centre de l'Univers. Il est donc également symbolique de l'associer à l'Empereur.

L'enceinte entourant la Cité est flanquée aux quatre coins par des bastions et chacun de ses quatre murs est ouvert par une porte monumentale surmontée de pavillons.

Les différents palais prennent appui sur une terrasse. Sur celle-ci on peut encore voir les brûle-parfums et les cadrans solaires.
Les toits en pagode reposent sur des colonnes rouges et décorées de symboles. Chaque palais abrite une grande pièce entourée de galeries latérales.

Partout dans la Cité, on retrouve les symboles habituels de la Chine :

• le chiffre cinq représentant les cinq vertus de l'Empereur, humanité, sens du devoir, sagesse, sûreté et observance du cérémonial
• le chiffre neuf symbolisant la perfection
• les toits surmontés de statues représentant des animaux fabuleux servant à protéger l'habitation contre les fantômes et les mauvais esprits
• les statues de lions disposés en couple, gardiens de la cité. Le mâle a la patte posée sur une boule, signe de la puissance sur le monde et la femelle tient un lionceau, signe d'amour
• les grues symboles de la longévité féminine
• les tortues emblèmes de la puissance, de la longévité et de la sagesse des empereurs
• le xiezhi, animal fabuleux capable de différencier le juste de l'injuste
• le dragon représentant l'empereur, fils-dragon du ciel
• le phénix représentant l'impératrice.

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